Automne 2013: visite du Val-de-Grâce à Paris

le jeudi 24 octobre, pour sa traditionnelle sortie d’automne, la Société historique emmenait quelques-uns de ses membres à Paris visiter les magnifiques bâtiments XVIIe siècle du Val-de-Grâce avec la superbe église abbatiale et d’autre part le musée du Service de santé des armées installés dans ces locaux qui abritent aussi l’Ecole d’application de ce service. Nous étions pilotés par le docteur Jean-Jacques Ferrandis qui fut le conservateur et, on peut le dire, le rénovateur de ce musée. C’est dire que nous étions entre les mains du guide le plus compétent !

C’est en 1621 que la reine Anne d’Autriche, âgée de 19 ans et mariée depuis 6 ans à Louis XIII, décida de fonder en ce lieu, alors situé en dehors de la ville, un monastère de religieuses bénédictines, mais c’est seulement après la mort de Richelieu puis de son royal époux qu’elle put faire poser par son fils, Louis XIV, âgé de 7 ans, la première pierre de la chapelle de l’abbaye en 1645. On en doit le plan et le début de la construction, sur trois étages de carrières superposées, au grand architecte François Mansart auquel succédèrent Jacques Lemercier (qui avait exécuté des travaux à la Sorbonne) puis Pierre Le Muet et Le Duc. Elle fut achevée l’année de la mort de la reine en 1665.

Sa façade, haussée sur 16 marches est soutenue par un portique à quatre colonnes surmonté d’un fronton triangulaire, portant les armes royales ; l’intérieur est une nef à trois travées voûtée en berceau, avec une coupole ornée d’une fresque peinte en 1663 par Mignard ; le pavement du chœur en mosaïque de marbre porte le monogramme A.L. (Anne, Louis). Dans les chapelles occidentales sont quatre tableaux de Philippe de Champaigne et son atelier acquis par l’Etat ces dernières années ; derrière le maître autel se trouve la chapelle du Saint-Sacrement à laquelle les religieuses pouvaient accéder depuis leur chœur pour assister aux messes.

Les bâtiments entourant le cloitre abritent le musée qui, avec une muséographie moderne, présente en deux étages un panorama très didactique de l’histoire de la médecine et de la chirurgie militaires depuis les prémices sous Louis XV jusqu’aux dernières opérations de l’armée française en passant bien sûr par le champ de bataille de Solférino et la création de la Croix Rouge. On ne peut en quelques lignes que souligner son grand intérêt, complémentaire de celui de la Grande Guerre du Pays de Meaux et tout à fait d’actualité dans l’approche du centenaire de la bataille de la Marne.